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Yayoi Kusama

  • Photo du rédacteur: Yasmine El Arrasse
    Yasmine El Arrasse
  • 28 juin 2017
  • 4 min de lecture

Yayoi kusama est une artiste que j’ai pu découvrir par hasard lors d’une exposition de ses oeuvres au Museum of Contemporary Art de Shanghai, A dream I dreamed. En marchant à travers les différentes pièces de l’exposition j’avais l’impression de marcher dans un monde psychadelique et pourtant reposant où la seule constante étaient des pois de couleurs et une sensation de répétition. Ainsi est le monde de Yayoi Kusama, un monde de prolifération visuelle.

“Un jour, après avoir vu, sur la table, la nappe au motif de fleurettes rouges, j'ai porté mon regard vers le plafond. Là, partout, sur la surface de la vitre comme sur celle de la poutre, s'étendaient les formes des fleurettes rouges. Toute la pièce, tout mon corps, tout l'univers en étaient pleins” raconte Kusama dans un interview. De cet évènement s'en sont suis d'autres qui ont été déclarés comme hallucination à la base de sa névrose obsessionnelle. Cette maladie est à la source de nombreux comportements dépressifs, d'entêtement, de méticulosité, de timidité… De plus, la relation qu'elle avait avec ses parents était très conflictuelle. En effet, dès son plus jeune âge son amour pour l'art et la peinture était déclarée. Or, dans la société japonaise l'art n'était pas une occupation valorisée. Ainsi, depuis l'âge de 6 ans, ses parents déchiraient ses oeuvres et la battaient.


Afin de quitter cet environnement oppressant et violent elle est allée étudier les arts à Kyoto. C'est donc où son esprit rebelle commençait à se dessiner en n'allant pas en cours et refusant la relation de maître/élève. Ne trouvant toujours pas un espace où elle pouvait s'exprimer librement elle a décidé de partir à New York en 1957. C'est donc là qu'elle a pu s'épanouir et se faire connaitre de la scène internationale.

Cette artiste m'a énormément marqué du fait que pour elle l'art était un enjeu personnel, mais aussi un enjeu commun à la société. L'art était avant tout un moyen pour elle de s'émanciper de ses troubles obsessionnels, d'exprimer ses visions sur le papier. Comme on peut le voir sur la vidéo son processus artistique est très lent et calme. Elle trouve une certaine sérénité dans le fait de peindre. En l'observant on peut ressentir que ce qui nous parait lent, long et interminable est pour elle une sorte de libération, de retour au calme intérieur.


Cependant, j'ai pu retrouver deux types d'oeuvres dans ses travaux sur toile. D'une part, on trouve les tableaux en blanc et noir avec un seul type de séquence. Ces oeuvres ont un effet assez hypnotisant sur moi et les audiences. Le mot hypnotisant n'est pas à prendre négativement, au contraire, ces oeuvres sont apaisante et intrigantes. D'autre part, les oeuvres avec des formes multiples et des couleurs frappantes, m'ont fait ressentir une sorte de malaise, d'incompréhension. Cette différence entre les oeuvres témoigne pour moi, des différents états psychologiques de Yayoi Kusama. Peindre pour elle est un moyen de se sentir bien, mais aussi un moyen de matérialiser ses peurs.


WHO SING IN CELEBRATION OF  HUMANITY 2009  Synthetic polymer paint on canvas 162 x 162cm

WHO SING IN CELEBRATION OF

HUMANITY 2009

Synthetic polymer paint on canvas

162 x 162cm

Yayoi Kusama, INFINITY NETS [MAE], 2013, Acrylic on canvas 130.3 x 130.3 cm, 51 1/4 x 51 1/4 in, (KUSA 904), Courtesy Yayoi Kusama Studio, Inc., Ota Fine Arts, Tokyo / Singapore and Victoria Miro, London, © Yayoi Kusama

Yayoi Kusama, INFINITY NETS [MAE], 2013, Acrylic on canvas

130.3 x 130.3 cm, Courtesy Yayoi Kusama Studio, Inc., Ota Fine Arts, Tokyo / Singapore and Victoria Miro, London, © Yayoi Kusama

Cependant, j'ai pu retrouver deux types d'oeuvres dans ses travaux sur toile. D'une part, on trouve les tableaux en blanc et noir avec un seul type de séquence. Ces oeuvres ont un effet assez hypnotisant sur moi et les audiences. Le mot hypnotisant n'est pas à prendre négativement, au contraire, ces oeuvres sont apaisante et intrigantes. D'autre part, les oeuvres avec des formes multiples et des couleurs frappantes, m'ont fait ressentir une sorte de malaise, d'incompréhension. Cette différence entre les oeuvres témoigne pour moi, des différents états psychologiques de Yayoi Kusama. Peindre pour elle est un moyen de se sentir bien, mais aussi un moyen de matérialiser ses peurs.


Bien que Kusama utilise l'art pour se soigner, elle a réussi à rendre son art accessible à tous et lui donner un enjeu social. Elle réalisait souvent des happenings afin de dénoncer le monde dans lequel elle vivait. Un type de happenings qui m'a marqué sont ceux qu'elle a réalisé afin de dénoncer la guerre du Vietnam. Il consistait à presenter des danseurs nus, avec des pois peints sur leur corps. Elle a par la suite écrit une lettre ouverte à Nixon en lui demandant d'arrêter cette guerre.



Cela montre bien que malgré le fait qu'elle était atteinte d'une maladie mentale, elle était consciente du monde autour d'elle et de l'impact que pouvait avoir son art et sa notoriété. Cela peut aussi être vu dans ses collaborations dans le monde de la mode, avec Louis Vuitton par exemple. Elle veut que son nom, sa marque soit connue.

Ligne de vêtements pour Louis Vuitton

Son art pour moi est propre à lui même, en effet elle utilise des installations totalement différentes et nouvelle de ce qu'ont peut voir en général. Ses “Mirror Rooms” m'ont énormément marqué par le fait qu'elles sont uniques et fascinantes. L'inspiration pour ses structures provient de son enfance elle raconte “ I was making paintings in small, medium, and large sizes then, without sleeping at night sometimes. Those paintings, 2 or 3,000 in total, were rapidly sublimated within myself and developed into sculptures. In other words, underlying the mirror room were my early paintings. To create an endless mirror room had been my long-cherished dream.”. Ainsi en voyant son étalage d'oeuvres elle voulait produire une oeuvre représentant cette impression d'infini dans son travail.

Infinity Mirrored Room—Aftermath of Obliteration of Eternity; 2009  Wood, mirror, plastic, acrylic, LEDs, and aluminum

Infinity Mirrored Room—Aftermath of Obliteration of Eternity; 2009 Wood, mirror, plastic, acrylic, LEDs, and aluminum

Infinity Mirrored Room—All the Eternal Love I Have for the Pumpkins,2016  Wood, mirrors, plastic, acrylic, and LEDs

Infinity Mirrored Room—All the Eternal Love I Have for the Pumpkins,2016 Wood, mirrors, plastic, acrylic, and LEDs

Le principe de ces pièces est simple. Une personne entre et se retrouve entouré par quatre miroirs qui reflètent toutes ses installations en bois, LED, métal, plastique. On se retrouve donc engloutit par cet espace infini crée par Kusama. Ces pièces pour moi on un certain effet thérapeutique du fait qu'en entrant dans cet environnement on est omnibulée par cet infini, on oublie le monde autour de nous et on apprécie tout simplement ce moment unique.

 
 
 

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